Une nouvelle « Genferei » ? Justice genevoise, Affaire E. Sperisen : Un innocent très déterminé condamné à perpétuité? Le militantisme politique et autres lobbies ont-ils joué un rôle?

SperisenLibérezNotre-papa

L'hebdomadaire  L'Illustré consacre dans sa dernière livraison (No 26, 28 juin 2017) un dossier  au cas Erwin Sperisen et charge très durement la justice genevoise. Quelques extraits :

" Bertossa m'a proposé cinq ans contre des aveux"... j'aurais pu être libéré après trois ans et demi et je serai libre depuis longtemps".

"J'ai vu beaucoup d'hypocrisie à Genève; j'ai été traité comme dans une république bananière".

"Je suis venu à Genève, qui est supposée être la ville des droits de l'homme,mais je n'ai pas vu la moindre honnêteté chez les gens qui se sont occupés de mon dossier".

Espérons que le dossier de  L'Illustré en faveur de E. Sperisen aura plus d'impact que les deux importants  reportages  consacrés au sujet par LesObservateurs.ch il y a déjà, pour l'un près de deux ans .

Ci-dessous la rediffusion du premier reportage 6.11.2015  et du deuxième du 23.3.2017 publiés par LesObservateurs.ch :

« Genferei » explosive: l’affaire Erwin Sperisen. Justice militante?

NDLR. Reprise par Lesobservateurs.ch de la remarquable et très longue enquête transmise par Alex Baur de la Weltwoche sur la condamnation à perpétuité de Erwin Sperisen par la justice genevoise sur des bases qui semblent contestables mais que la gauche et les tiers-mondistes ont applaudie.
Grand merci et vives félicitations à Alex Baur pour cette enquête exemplaire digne d’une série policière mais basée sur la réalité. Nos pensées vont au condamné et à sa famille.

La confusion de Genève | Die Weltwoche, Ausgabe 43/2015 | Freitag, 6. November 2015

La confusion de Genève

A cause d'un massacre dans une prison au Guatemala, la justice genevoise veut envoyer Erwin Sperisen à perpétuité derrière les barreaux. Le descendant d'émigrants suisses est-il vraiment l'auteur de plusieurs meurtres – ou la victime d'un crime judiciaire? 1ère partie

Par Alex Baur

A l'aube du 25 septembre 2006, les forces d'intervention – 2500 policiers, soldats, forces spéciales, gardiens – donnent l'assaut à la prison El Pavón, à Guatemala City. Tandis que la plupart des quelque 1800 détenus se rendent immédiatement, une violente fusillade éclate dans la partie Est de l'immense terrain. La situation s'apaise un peu après 8 heures et, à 11 heures, les autorités dressent le bilan devant la presse rassemblée: la prison est sous contrôle, sept détenus sont morts, un détenu est blessé.

Dans les médias guatémaltèques, le raid effectué sous le commandement du ministre de l'Intérieur, Carlos Vielmann, sera unanimement salué comme un succès. El Pavón, planifiée et construite comme une prison modèle avec des terrains de sport, des ateliers et une exploitation agricole, était depuis longtemps considérée comme un terreau du crime organisé. Depuis des années, les gardiens ne se hasardaient guère dans son enceinte. El Pavón était contrôlée par des gangs qui y organisaient en toute impunité leurs hold-up, trafics de drogue, assassinats et enlèvements. La plupart des Guatémaltèques, probablement, estimaient acceptable ce tribut de sang qui, dans le contexte latino-américain, ne leur semblait sans doute pas trop excessif.

Six années plus tard, le 31 août 2012, un groupe d'intervention de sept personnes, lourdement armées surprend Erwin Sperisen à Genève, sur le parking d'un centre commercial, et l'emmène, menotté, sous les yeux de son épouse ahurie. Depuis ce jour, Erwin Sperisen, aujourd'hui âgé de 44 ans, est en détention provisoire à la prison genevoise de Champ-Dollon. Il est accusé, en tant que chef politique des forces de police guatémaltèques, Policía Nacional Civil (PNC), d'avoir, lors de la prise d'assaut d'El Pavón, ordonné l'exécution de sept détenus et même d'en avoir exécuté un lui-même.

Témoignage accablant

Sperisen, descendant d'immigrants suisses, né au Guatemala, a conservé sa citoyenneté suisse. Par conséquent, il ne peut pas être extradé. Cela n'a d'ailleurs pas été nécessaire, car le procureur Yves Bertossa (PS) était désireux de faire le procès de cet homme à Genève. Depuis des années, des soupçons circulaient dans les milieux de gauche à l'encontre de Sperisen, qui, selon eux, jouait les Monsieur Propre d'extrême-droite au Guatemala, où il sévissait avant de fuir dans la patrie de ses ancêtres. Bertossa était enfin convaincu d'avoir quelque chose de concret en main contre lui.

Dès le lendemain de l'arrestation, le Français Philippe Biret faisait une déposition accablante devant Bertossa: Biret disait avoir vu de ses propres yeux Erwin Sperisen, entouré de l'élite du gouvernement guatémaltèque, superviser l'exécution des sept détenus. Ces derniers se seraient rendus depuis longtemps et imploraient grâce. Le géant suisse aurait, selon Biret, abattu lui-même l'une des victimes d'un tir à la tête.  Français assurait même que Sperisen l'aurait laissé en vie par crainte de complications diplomatiques.

Bertossa a obtenu Biret par le biais de l'organisation TRIAL, une ONG de la gauche tiersmondiste genevoise qui se consacre à la poursuite des crimes politiques impunis dans le monde entier.

Biret a été condamné en 1992 au Guatemala à trente ans de prison pour double meurtre et était détenu à ce moment-là dans la prison El Pavón. Bien que le jugement du tribunal guatémaltèque ait explicitement exclu toute libération anticipée, il a été libéré en novembre 2007. Cette libération était pour le moins surprenante. Mais Bertossa n'a pas posé de questions gênantes. Il avait urgemment besoin du Français comme témoin clé. Bertossa s'en tiendra toujours aux déclarations de Biret, même quand il deviendra évident que son histoire à faire frémir ne tient pas la route. A ce stade, on ne peut plus stopper la procédure. Avec l'arrestation spectaculaire de Sperisen le procureur s’est placé lui-même dans l'obligation de réussir.

A première vue, des éléments accusent Erwin Sperisen, chef de la police nationale du Guatemala entre 2004 et 2007. Dès décembre 2006, le procureur spécial guatémaltèque pour les Droits de l'homme avait émis des doutes quant à la version officielle selon laquelle les sept détenus seraient tombés pendant les combats. Les forces de l'ordre n'ont pas enregistré un seul blessé, tandis que les prisonniers sont tous morts sur le coup. Ceci est d'autant plus étonnant que le Ministère public a trouvé, à côté des cadavres, des armes lourdes et des grenades à main une heure après l'échange de coups de feu.

Il y avait toujours l’odeur d’une mise en scène, mais aussi une absence frappante de preuves. Des centaines de témoins oculaires et auditifs étaient présents à El Pavón lors de la fusillade qui a été suivie par de nombreux journalistes. Le relevé des empreintes et l'autopsie des cadavres ont été bâclés, les dépositions des témoins étaient bourrées de contradictions. Mais il y avait des photos des cadavres. Et celles-ci montraient des blessures par balles qui collent mal avec un combat. Des marques aux poignets suggèrent qu’au moins deux détenus auraient été ligotés avant de mourir.

Toutefois, ces indices ne sont pas non plus clairs. Personne ne sait quand ces marques présumées ont été produites. Dans le cas de plusieurs victimes, la raison de décès invoquée est «mort entraînée par perte de sang», ce qui va à l'encontre de la thèse de l'exécution. On trouve même dans les dossiers une expertise judiciaire effectuée en Autriche; l'expert conclut, en s'appuyant sur des enregistrements vidéo, que des coups de feu sont bel et bien partis de la prison.

Sperisen s'est-il contenté de détourner les yeux?

Certains des morts, en premier lieu le « narco » colombien Jorge Batres et le gangster Luis Zepeda, faisaient partie des «dirigeants» d'El Pavón. Les avoir délibérément éliminés pour prendre ultérieurement le contrôle de la prison aurait un sens. Cela concorderait aussi avec le rapport de l'envoyé de l'ONU Philip Alston, qui avait déjà trouvé des indices d'«exécutions extrajudiciaires» avant l'affaire El Pavón. Mais Alston n'a, lui non plus, pas su répondre à la question cruciale: qui a donné les ordres?

Aux côtés de la police, de l'armée et des services de renseignements se sont mêlés pendant ce raid monstre à El Pavón des troupes d'élite masquées, formellement sous les ordres directs du ministre de l'Intérieur Carlos Vielmann. Des prises de vues que le chef de la police Sperisen avait fait filmer – n'étant manifestement pas lui-même sur place à ce moment-là – montrent que ce sont principalement les troupes d'élite de Vielmann qui sont impliquées dans la fusillade. Elles étaient commandées par Victor Rivera, Vénézuélien d'origine, un personnage haut en couleur suspecté d'avoir jadis travaillé pour la CIA. Malheureusement, Rivera ne peut plus rien dire. Il a été abattu par des tueurs à gages en 2008. Le Guatemala est un pays dangereux et compliqué.

Était-ce peut-être la tentative désespérée du gouvernement de vaincre le crime par le crime? Ou tout simplement un règlement de comptes entre cartels de la drogue dont les tentacules pénètrent profondément dans l'appareil de l’État? Est-ce que les troupes régulières et, en particulier, le chef de la police Sperisen étaient de la partie lorsque les escadrons de la mort ont frappé? Se sont-ils contentés de détourner le regard? Peut-être le commando spécial de Rivera a-t-il mis la fusillade en scène pour accomplir son œuvre mortifère dissimulée dans le nuage de poudre de la fusillade. Tout est possible, rien n'est certain.

Chasse à l'ex-chef de la police

La justice et la police ont une réputation catastrophique dans toute l'Amérique latine et, tout particulièrement, au Guatemala. Trente-six ans de terreur des guérilla (1960–1996) ont durablement ravagé le tissu social et politique du pays. Les puissants cartels de la drogue du Mexique et de la Colombie font tout pour que le pays ne s'apaise pas. Vols, assassinats et enlèvements font partie du quotidien des Guatémaltèques. La probabilité qu'un crime soit élucidé est minime. Et, si quelqu'un atterrit en prison, cela ne veut pas dire nécessairement qu'il soit coupable. La justice dans ce pays a trop souvent été un prolongement de la politique par d'autres moyens. Des policiers corrompus qui coopèrent, plus ou moins au vu et au su de tous, avec des criminels au lieu de les combattre sont plutôt la règle que l'exception. Lorsque la justice faillit, c'est le droit du plus fort qui l'emporte.

Quel rôle a joué Erwin Sperisen sur ce champ de bataille? Était-il la règle ou l'exception? Contrôlait-il vraiment sa police en tant que chef politique sans expérience policière? Était-il au cœur de complicités criminelles ou, comme lui-même l'affirme, leur victime? La justice guatémaltèque n'a jamais été en mesure de fournir une réponse convaincante. Mais le procureur Bertossa a cru pouvoir résoudre l'affaire de son lointain bureau genevois. Pour lui, tout a semblé clair, au plus tard après l'audition du témoin clé Biret.

Pourtant, la justice guatémaltèque n'était pas restée inactive. En décembre 2006, le gouvernement centre-droite de Oscar Berger a fait venir dans le pays une commission internationale, la CICIG, qui, sous l'égide de l'ONU, devait mettre de l'ordre dans le dossier de poursuite pénale. L'enquêtrice spéciale, la Costaricaine Gisela Rivera, est bientôt arrivée à la conclusion qu'un complot tramé au plus haut niveau se cachait derrière le massacre d'El Pavón. Gisela Rivera a quitté précipitamment le Guatemala en 2009. L'enquêtrice de la CICIG est sous le coup d'un mandat d'arrêt pour entrave à l'action pénale et violation du secret de fonction. La plainte émanait directement de la CICIG. Gisela Rivera aurait contraint des témoins à faire des dépositions et serait suspectée de collusion.

Cela n'est pas dû à l'environnement politique, le gouvernement conservateur de Berger ayant été remplacé au 2008 par ses opposants socialistes. Gisela Rivera affirme que son supérieur hiérarchique à la CICIG, l'Espagnol Carlos Castresana, était acheté par l'oligarchie. Avant le départ de Castresana, la CICIG avait tout de même engagé, en août 2010, des poursuites contre dix-huit suspects dans l'affaire El Pavón. Erwin Sperisen et son adjoint Javier Figueroa figuraient parmi les quatre principaux suspects aux côtés du ministre de l'Intérieur Carlos Vielmann et du directeur du système pénitentiaire Alejandro Giammattei. Seuls trois policiers subalternes ont finalement été condamnés.

Procédures pompeusement mises en scène

Erwin Sperisen était alors déjà depuis longtemps en Suisse, sans lien avec l'affaire El Pavón. Fin 2006, il a envoyé sa femme et ses trois enfants chez son père à Genève, où ce dernier occupe un poste de diplomate de l'ONU, à la suite de menaces de mort et d'une tentative d'enlèvement déjouée. En mars 2007, il a démissionné de ses fonctions et est venu rejoindre sa famille en Suisse. L'évènement déclencheur de son départ fut l'affaire de trois hommes politiques salvadoriens pris en flagrant délit de contrebande de cocaïne, dépouillés et assassinés par des policiers guatémaltèques. C'était un scandale qui nécessitait un geste politique.

Quelques mois après l'arrivée de Sperisen en Suisse, un réseau d'ONG de gauche (Uniterre, Acat, OMCT) sous la direction de l'organisation TRIAL a appelé à se lancer à la chasse de l'ex-chef de la police. Il n'était toutefois pas encore question d'El Pavón. Il s'agissait plutôt d'un conflit sanglant entre des paysans dans une province reculée, qui avait coûté la vie à neuf personnes (les ONG taisant ici volontiers la mort parmi elles de trois policiers, 22 autres policiers blessés par balles selon une enquête parlementaire, et ce, notons-le bien, au cours d'une opération de police ordonnée par la Cour suprême du Guatemala). A ce moment-là, Sperisen était en poste depuis un mois et le rendre responsable de ce bain de sang était absurde. Mais cela a mis une chose en évidence : depuis le début, l'affaire Sperisen est contaminée par la politique.

Après la mise en accusation par la CICIG au Guatemala, en août 2010 Erwin Sperisen s'est spontanément présenté auprès de l'ancien procureur général de Genève Daniel Zappelli (PLR). Ce dernier n’a pas pu faire grand-chose de cette affaire. Le vent tourne brusquement lorsqu'un an plus tard, Zappelli doit quitter son poste, harcelé par son propre personnel. C'est juste le moment où le camarade Yves Bertossa est promu premier procureur. Bertossa, étroitement lié sur le plan idéologique, amical et familial avec l'organisation TRIAL, s'empare alors du dossier Sperisen. Il veut en faire son ouvrage de compagnonnage.

Il est bon de savoir aussi qu'Yves Bertossa est le fils du fameux Bernard Bertossa (PS), qui, en tant que procureur général de Genève (1990–2002) – en quelque sorte le Jean Ziegler de la justice – a mené une croisade internationale contre les potentats, oligarques et autres prédateurs capitalistes. En collaboration avec son homologue espagnol Baltasar Garzón, il a émis un mandat d'arrêt international contre l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998. Bernard Bertossa est l'un des membres fondateurs de l'organisation TRIAL, cofinancée par la ville de Genève, et qui a déjà, par le passé, exigé l'arrestation de l'ancien président des États-Unis George Bush.

Les procédures pompeusement mises en scène dans les médias par Bernard Bertossa ont régulièrement dégénéré et se sont soldées par un échec. Le prétendu parrain de la mafia russe Sergej Michailow, auquel l'État de Genève a dû verser 800 000 francs pour avoir passé deux ans en détention provisoire injustifiée, est un exemple parmi plusieurs. Son successeur Zappelli a tenté de faire revenir le Parquet genevois sur le terrain de la réalité helvétique. Manifestement en vain.

«Il a déjà un nom» se moquaient les Genevois du fils du fameux procureur général Bertossa lorsqu’en 2007 il était nommé procureur sur les brisées de son père, «il ne lui manque plus qu'un prénom». Yves Bertossa n'a pas perdu de temps. Le scandale ne s'est pas fait attendre avec l'arrestation en 2008 d'Hannibal Kadhafi, le fiston du dictateur. L'affaire Kadhafi a aussi été un coup d'épée dans l'eau avec des dommages collatéraux considérables. Erwin Sperisen était-il censé apporter la percée tant attendue?

En mars 2014, deux mois avant le procès Sperisen, la télévision romande RTS diffuse un documentaire («Chasseurs de crimes») qui fait l'éloge de l'organisation TRIAL. L'affaire Sperisen est au cœur du film, remettant sur le tapis le conflit sanglant avec les paysans. Philippe Biret, témoin clé de Bertossa, s'y exprime en long et en large, y décrivant de façon dramatique la soi-disant exécution commise par Sperisen à El Pavón. Néanmoins, les auteurs mentionnent que les accusations de Biret sont controversées. Ils laissent la conclusion au copain de Bertossa, Baltasar Garzón, qui estime difficile d'apporter des preuves contre les vrais criminels, mais que le combat vaut la peine.

L'opinion publique semble être très bien préparée – jusqu'au 14 mai 2014, la veille du procès Sperisen, lorsque le magazine L’Illustré fait exploser une bombe: la soi-disant plaignante privée, la mère de l'une des victimes d'El Pavón, n'est pas au courant du procès; elle ne connaît pas les avocats qui parlent en son nom, elle n'est pas au courant de l'accusation portée contre Sperisen et n'a rien contre l'ancien chef de la police. Arnaud Bédat, reporter expérimenté, a rendu visite à cette femme au Guatemala et a filmé en vidéo l'entretien qu'il a mené avec elle.

Ce scoop a mis dans un vif embarras l'organisation TRIAL qui récoltait des dons avec succès pour cette femme. Cela n'a pas changé grand-chose sur le plan juridique: un assassinat est un délit poursuivi d'office. Il aurait suffi à la présidente du tribunal Isabelle Cuendet (PS) de suspendre temporairement la plaignante jusqu'à la clarification de cette situation. Mais la réaction arrogante de Cuendet a été révélatrice: elle a balayé la question déclarant hargneusement qu'elle n'allait pas laisser des journalistes s'immiscer dans ses affaires.

«Affaire de justice coloniale»

Dès le début, l'ambiance dans la salle d'audience était très pesante. «Si Erwin est coupable, il doit en subir les conséquences, déclare son frère Christian Sperisen, mais tout accusé a le droit d'être pris au sérieux et entendu.» Il avait vite compris que le verdict était prononcé avant le procès. En certaines occasions, Cuendet coupait sèchement la parole à l'accusé quand il ne disait pas ce qu'elle voulait entendre de lui; à d'autres reprises, elle l'accusait, énervée, de «jouer au chat et à la souris»; d'autres fois, elle se moquait d'un geste sarcastique d'un témoin à décharge.

L'ambiance agressive dans la salle d'audience l'a choqué, déclare rétrospectivement le reporter Arnaud Bédat, qui n'avait jamais rien vécu de tel. Et il n'est pas le seul à avoir eu cette impression. La chroniqueuse judiciaire Catherine Focas a critiqué plus tard toute la procédure dans la Tribune de Genève, la qualifiant d'«affaire de justice coloniale». Si Sperisen avait été «un notable local», a-t-elle écrit, il n'aurait pas été traité avec un tel dédain.

Si l'on s'en tient au mince acte d'accusation du procureur Bertossa, seulement quatre pages pour le point essentiel, il y a eu un complot criminel tramé au plus haut niveau. Il n'a pas tranché sur la question de savoir qui avait décidé et fait quoi, ni quand ni comment. Pour une bonne raison. Car l'accusation repose en substance sur deux piliers qui se contredisent l'un l'autre: les déclarations du témoin clé, Philippe Biret, et les enquêtes de la CICIG au Guatemala qui n'ont guère de dénominateur commun.

Il est assez facile de réfuter la version de Biret: selon tous les rapports, aucun des sept prisonniers n'a reçu de balle dans la tête et le Français qui a situé le massacre en fin d'après-midi s'est trompé de huit bonnes heures. La raison pour laquelle Bertossa s'en est pourtant tenu à son histoire abracadabrantesque est évidente: les déclarations de témoins de la CICIG sont lacunaires et contradictoires. Et les quelques dépositions qui incriminent Sperisen proviennent manifestement de programmes de clémence : les coprévenus qui ont témoigné contre leur chef ont été récompensés par une promesse de remise de peine et de programmes de protection des témoins. Or de tels deals sont illégaux en vertu du droit suisse parce que le risque de fausse accusation est trop grand.

La Cour criminelle de Genève a piqué soigneusement dans les déclarations contradictoires tout ce qui incriminait Sperisen et l'a condamné le 6 juin 2014 pour septuple meurtre à la réclusion à perpétuité. Ce qui n'allait pas dans le sens de sa culpabilité a été écarté comme insignifiant, les grossières contradictions dans la version de Biret ont été misfies sur le compte d'un traumatisme qui aurait légèrement falsifié ses souvenirs. Les 142 pages de matériel juridique indigent seraient à elles seules un sujet en soi. Mais ce n'est plus la peine de s'en occuper puisqu'elles sont désormais caduques.

Dans son jugement du 12 juillet 2015, la Cour d'appel de Genève a qualifié de non crédible l'histoire à faire frémir du témoin Biret. Par prudence, l'instance d'appel a également considéré l'enquête de la CICIG que comme un simple indice. Pourtant, les juges ont prononcé un verdict de culpabilité: Erwin Sperisen était le chef, il portait donc la responsabilité des crimes qui avaient été commis sous sa tutelle. Il ne paraissait pas possible qu'il n'ait pas remarqué les exécutions.

Alors que la Cour traite la question clé de la connaissance des faits par Sperisen en quelques pages, la majeure partie des considérants du jugement tourne autour de la question de savoir s'il y a effectivement eu exécution. Seulement, Sperisen lui-même n'avait jamais exclu cette possibilité. Selon ses dires, son apparition martiale en uniforme en marge de la prise d'assaut d'El Pavón n'avait été qu'un show. L'opération était dirigée par les commandants respectifs, et en tant que chef politique de la police, il n'avait assumé qu'une pure fonction représentative.

Étant donné que Sperisen ne peut avoir ordonné seul le plan criminel, la Cour d'appel de Genève a aussi condamné son adjoint Javier Figueroa et le directeur du système pénitentiaire Alejandro Giammattei. Or il se trouve que le même Giammattei a déjà été acquitté en 2011 au Guatemala dans la même affaire. Figueroa, qui vit officiellement aujourd'hui comme réfugié politique en Autriche, a été disculpé en 2013 par un jury après un long procès. Le ministre de l'Intérieur Carlos Vielmann coule actuellement des jours paisibles de retraité en Espagne. Erwin Sperisen ne peut aujourd'hui placer ses espoirs que dans le Tribunal fédéral de Lausanne, où son affaire est en attente de jugement.

Jean Ziegler s'en mêle

Pourquoi les juges genevois se sentent-ils si sûrs dans cet imbroglio qui s'est déroulé si loin de leur réalité? Cela tient probablement aussi à une photographie qui montre un rouquin de presque deux mètres, armé jusqu'aux dents, au cours du raid à El Pavón. Cette photo qui accompagne tous les articles sur Erwin Sperisen fait penser à une caricature d'un brutal mercenaire gringo qui piétine des cadavres dans l'empire des paysans mayas.

Le professeur genevois Jean Ziegler, membre du Conseil des Droits de l’Homme (actuellement présidé par l’illustre royaume de l’Arabie Saoudite), a rédigé moult commentaires sur cette affaire. Et il a mis au point ce sentiment : Ziegler décrit Sperisen comme le descendant de grands propriétaires fonciers sans scrupules qui, comme « chef de la police tout puissant » au service de l'oligarchie, a asservi de pauvres paysans indigènes par des « actions de nettoyage social » et qui, «grâce au travail pointu et énergique d'organisations non gouvernementales», est finalement tombé. Cela correspond bien aux clichés que l’’on croit connaitre des films hollywoodiens – mais a peu à voir avec la réalité qui se cache derrière.

1.La confusion de Genève : suite

2. L’odyssée du clan Sperisen

3. Une expérience épouvantable

4. Justice au forceps

Alex Bauer, Die Weltwoche, 6 novembre 2015

 

Deuxième reportage transmis par Die Weltwoche à LesObservateurs.ch , du 23.3.2017  :

« Conspirateur sans complices »: Erwin Sperisen, condamné à perpétuité. Une nouvelle « Genferei ».

SperisenLibérezNotre papa

Conspirateur sans complices

Alex Baur, Die Weltwoche – 23 mars 2017

Cela fait bientôt cinq ans qu’Erwin Sperisen est en détention préventive à Genève en raison d’un prétendu complot meurtrier mené dans le lointain Guatemala. Le dernier conjuré supposé vient d’être acquitté en Espagne. Pour la justice genevoise, c’est une débâcle qui se profile.

Le verdict du 15 mars 2017 de l’Adiencia Nacional à Madrid était on ne peut plus clair : « L’accusé n’était ni impliqué dans l’exécution des prisonniers, ni ne l’a-t-il décrétée, approuvée ou appuyée, ni n’en a-t-il eu connaissance, ni ne pouvait-il la prévoir ou l’empêcher. » Le tribunal espagnol a acquitté de la sorte l’ex-ministre de l’intérieur guatémaltèque, Carlos Vielmann, en le déclarant non-coupable dans une affaire internationale, sur laquelle l’on se dispute depuis 10 ans, entre autres à Genève.

Le « massacre de Pavón » tient lieu, parmi les activistes tiers-mondialistes, de modèle de violence et d’arbitraire de la droite. En septembre 2006, 2'500 policiers et soldats avaient pris d’assaut un complexe pénitencier de 1'800 détenus à Guatemala-City, contrôlé par les cartels de la drogue et du crime. Sept prisonniers avaient été abattus et ceci – selon les soupçons – après s’être rendus. Sous la pression exercée par une campagne d’ONG mondialement orchestrée, une commission spéciale (CICIG) a accusé des politiciens de premier rang et haut-fonctionnaires d’alors de complot meurtrier.

L’acquittement de Madrid concerne le dernier et le plus éminent des accusés, le chef supposé de la conjuration. Certes, les juges espagnols sont d’avis que le ministre de l’intérieur Carlos Vielmann a porté la responsabilité politique principale, cependant il est inconcevable de conclure à une responsabilité pénale sur cette base unique.

La théorie d’un soi-disant complot se fonde sur les dépositions de témoins bénéficiant de protection et/ou rémunération et a, d’année en année, fondu comme neige au soleil printanier. Le chef du système pénitentiaire, Alejandro Giammattei, et son suppléant, Mario García Frech, ont déjà été acquittés en 2010 au Guatemala. En 2013, c’était au tour du chef des opérations de la Police nationale guatémaltèque (PNC), Javier Figueroa, d’être acquitté en Autriche, où il a dans la foulée obtenu l’asile politique.

Le cas prend la poussière au Tribunal fédéral

Erwin Sperisen, le chef politique de la PNC, demeure ainsi l’unique prétendu conspirateur. Depuis son arrestation à Genève en août 2012, il croupit en détention préventive à la prison de Champ-Dollon. En juillet 2015, la Cour pénale genevoise a condamné en deuxième instance ce descendant d’émigré suisse de Soleure à une peine de prison à perpétuité. Certes, il ne ressort pas du jugement quel rôle concret Sperisen aurait joué. Cependant, les juges genevois ne pouvaient concevoir que la prétendue conspiration ait pu voir le jour sans lui.

Depuis, le cas prend la poussière au Tribunal fédéral. Dans une série d’articles parus à l’automne 2015, la Weltwoche avait dévoilé au grand jour de nombreuses incohérences du procès. Ainsi, les juges genevois ont condamné les soi-disant complices Giammattei, García, Figueroa et Vielmann explicitement comme coacteurs – sans qu’ils eussent jamais l’occasion de se défendre contre ces accusations. Cependant, sans la conspiration – qui n’a, au vu des acquittements au Guatemala et en Autriche, jamais eu lieu – Sperisen ne pouvait être condamné.

Avec l’acquittement de Vielmann à Madrid, c’est désormais la tête du présumé complot qui disparaît, en sus des subalternes de Sperisen. Erwin Sperisen doit avoir conspiré avec lui-même, ironisent ses deux avocats, Florian Baier et Giorgio Campa. Certes, les jugements étrangers ne lient pas la Suisse. Cependant, Vielmann et Figueroa ont été réhabilité par des Etats signataires de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Et celle-ci interdit de condamner ailleurs, pour un même délit, des personnes acquittées.

Contrairement aux Genevois, les Espagnols n’ont pas eu besoin de traducteurs. L’Audiencia Nacional a taxé le témoin protégé le plus important de l’accusation – l’agent secret Luis Linares, qui avait révisé ses dépositions à de nombreuses reprises afin de sauver sa tête – de totalement non-crédible. Pourtant, Linares ne charge qu’indirectement Sperisen, via Vielmann. Avec la condamnation de Vielmann qui tombe, c’est la conspiration toute entière qui s’effondre.

Baier et Campa réclament désormais la mise en liberté immédiate d’Erwin Sperisen, qui patiente en détention préventive depuis près de cinq ans. Du fait qu’il ait été coopérant dès le début et qu’il se soit même mis à disposition de la justice, les risques d’évasion sont faibles. Il ne subsiste aucun risque de récidive, encore moins de disparition de preuves. Et pas d’autres motifs de détention.

Le Tribunal fédéral fait face à un dilemme. L’acquittement de Madrid constituerait à lui-seul un motif suffisant pour une révision de toute la procédure pénale. Un acquittement, en revanche, représenterait un énorme camouflet pour la justice genevoise. Les réparations se chiffreraient en millions. Et ce ne serait certainement pas la première fois que Genève devrait payer des indemnités élevées dans un procès pénal politiquement sensible. Toutefois, plus le Tribunal repoussera l’embarrassante décision, plus l’acquittement sera douloureux, et plus il sera cher.

Alex Baur, die Weltwoche/LesObservateurs.ch, 23 mars 2017

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11 commentaires

  1. Posté par Erwin Rank le 

    It is absolutely a horror show that the authorities of Geneva have displayed over Sperisen. Shame for the Geneva legal system.

  2. Posté par Héradote le 

    L’affaire Mikhailov. Le procureur socialiste Bertossa ( père ) est responsable du fiasco qui a couté 800000 francs aux contribuables genevois. Il voulait ‘se faire’ un mafioso russe. Peut-être l’était-t-il, encore faut-t-il le prouver, et c’était le devoir du procureur.
    Le fils Bertossa, socialiste aussi, refuse d’admettre qu’il est ou a été membre de TRIAL, l’ONG qui est à la base du procès Sperisen, et qui veut se faire une notoriété en ‘se faisant’ un chef de la police Guatémaltèque. La justice est-elle vraiment neutre ou est-t-elle au service d’idéologies?

    Tous les détails se trouvent facilement sur le web, et ça vaut la peine de chercher.

    Cette affaire va nous coûter cher encore une fois, car aucune preuve n’a été apportée, des témoins de la défense écartés, par contre, le témoignage d’un meurtrier à été reçu. Un meurtrier qui témoigne contre le chef de la police, belle crédibilité. Lisez le dossier en français de la Weltwoche.

  3. Posté par Palador le 

    Toujours cette justice suisse et particulièrement genevoise qui accourt comme un caniche, aux moindres injonctions de magistrats étrangers. La dernière fois, aussi à Genève, sous la présidence de Calmy-Rey, un homme d’affaire russe soupçonné d’avoir des liens avec des oligarques et le crime organisé fut emprisonné sans autre forme de procès par les autorités genevoises. Après des mois d’enquêtes, son procés s’est révélé être une véritable farce et toutes les charges contre lui se sont effondrées comme un château de cartes. Par contre, l’humiliation envers les autorités genevoises et surtout la facture, ont été…salées !

  4. Posté par Amarillys Taylor le 

    Encore une « genferei » des juges qui devraient eux, être en prison car ce n’est pas la première bourde coûteuse qu’ils commettent. Faut-il être de l’extrême gauche et complètement aveuglé par leurs certitudes comunistoïdes pour avoir sorti de leur chapeau aux lapins mourants une telle sentence contre un homme dont le seul pêché est d’avoir un nom suisse. Au lieu de s’occuper de ce qui ne les regarde pas ils devraient balayer devant leur porte pleine d’idées saugrenues sur les « refugiés » étrangers illégaux, mendiants roumains auxquels ils donnent de
    l’argent pour rentrer chez eux et qui font la nique aux policiers le lendemain. On ne veut pas de juges qui font de la politique au lieu de s’occuper de ce qui les regarde vraiment.

  5. Posté par aldo le 

    Est-ce bien le fils Bertossa qui a initié cette future bavure pour donner un semblant de crédibilité et faire la promotion pour une ONG dont il est partie prenante ? Ce serait bien de nous donner plus de précisions si c’est bien le cas.

  6. Posté par Héradote le 

    Ayant assisté à la plaidoirie des avocats de la défense, il est clair pour moi que ce procès est indigne de Genève. Les détails se trouvent dans l’article de la Weltwoche. Même la chroniqueuse judiciaire de la Tribune laisse entendre, entre les lignes, ce qu’elle pense de tout cela. Si Sperisen est acquitté, les réparations financières seront astronomiques. Beaucoup plus grandes que dans l’affaire Mikailov, qui a couté 800000 francs à l’état de Genève. Qui a fait condamner Mikailov ? Devinez ?

  7. Posté par pierre frankenhauser le 

    C’est Olivier Jornot et sa bande qui devraient être jugés, pour incompétence et dilapidation des deniers publics. En effet, ce n’est pas le procureur général qui paiera de sa poche les indemnités, mais le contribuable genevois. Le bout du lac n’en est plus à une Genferei près. Il me semble qu’il y a déjà suffisamment de magouilles financières et d’incohérences flagrantes dans ce canton, sans qu’en plus les systèmes judiciaire et pénal genevois s’embourbent en bâclant le boulot dans une affaire qui n’est pas de leur ressort.

  8. Posté par coocool le 

    Un procès politique, instigué par des organisations mondialistes de gauche, qui a mis en prison un innocent pendant près de cinq ans, et qui va coûter cher aux contribuables genevois…

  9. Posté par Yolande C.H. le 

    Qu’est-ce qu’un guatémaltèque, qui plus est de la police nationale de son pays, fait dans une prison genevoise, et au nom de quoi la justice genevoise a-t-elle dû se mêler de crimes commis au Guatemala, sur dénonciation d?ONG, par définition internationales?
    Les tribunaux cantonaux sont faits pour les suspects qui ont commis des crimes en Suisse. On a déjà 3/4 de détenus d’origine étrangère qui occupe les juges et remplisse nos prisons, ce qui nous coûte les yeux de la tête, ça suffit. Les contribuables n’ont à payer encore des millions pour un jugement qui n’aurait pas dû avoir lieu chez eux, n’en déplaise à ces ONG éprise de justice!
    Que les internationalistes mondialistes soient cohérents et créent leurs propres instances et non les instances judiciaires nationales.

  10. Posté par Nicolas le 

    Une fois de plus des crétins en robe se la pètent et c’est le contribuable qui va devoir payer les indemnités pour prix de leur incurie, alors que la racaille reste en liberté et lui pourrit la vie. Ras le bol de ces bouffons.

  11. Posté par Bussy le 

    Et même s’il avait été coupable, ça faisait sept salopards de moins sur terre !

 

Un commentaire

  1. Posté par LAMBERT le

    Quand un juge fait un faux en écriture : antidate au 1er juin sa réponse à un courrier du 23 mai suite à un « RAPPEL URGENT » du 21 juin, l’enveloppe contenant ladite réponse portant la date du 23 juin le cachet de la poste faisant foi, on comprend l’intégrité et l’éthique de certains appelés à trancher au nom de ce qui s’appelle LA JUSTICE. Celle-ci devrait être aveugle mais à l’évidence elle ne l’est pas toujours et ceux qui sont payés pour la rendre servent parfois leur intérêt personnel voire même ceux d’autres. Corrompus en action … Accusé levez-vous ! La Cour ! Et la cour des Miracles quand l’erreur judiciaire est reconnue. Citoyens à vous de payer le prix des pots cassés ! La liberté confisquée a un prix dont les espèces sonnantes et trébuchantes en dédommagement ne réparent pas tous les dégâts subis par le condamné à tort et à « mort ». La justice des hommes est ce qu’elle est mais il y a la justice divine pour ceux qui croient en Dieu et celle-là est sans appel sauf celle du croyant.

Et vous, qu'en pensez vous ?

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